Aimé De Mesmaeker Nos conflits, miroirs de nous même

Au départ, cela nous laisse au mieux perplexe : tout ce qui nous fâche ou nous agace chez les autres représente un aspect de notre personnalité que nous n’avons pas encore travaillé ou compris.

Nos conflits se répètent souvent jusqu’à ce que nous comprenions ce que nous avons à changer. Tous les petits et gros travers des autres qui nous irritent tant sont précisément les clés pour mieux nous comprendre nous-mêmes.

 Dans un conflit, dès l’instant où nous sentons poindre le début de la colère, c’est que nous avons déjà cessé de nous efforcer de trouver une solution et que nous avons dès lors commencé à nous battre pour avoir raison. On dépense alors beaucoup plus d’énergie à se justifier, à s’expliquer, à se protéger, à s’obstiner, à argumenter et à vouloir avoir raison, qu’on en utilise à trouver une solution…

 Alors, où est l’intérêt ? Que d’énergie perdons-nous à toujours vouloir avoir raison ! Nous voulons prouver notre point de vue, nous voulons démontrer que l’autre à tort et que nous sommes … Meilleurs ? … Supérieurs ?

 C’est difficile à accepter, mais c’est la réalité : l’autre personne n’est pas le problème! Peu importe ce que l’autre personne a fait qui nous a irrité, blessé, déçu, même à répétition, elle n’est pas le problème. Le problème, c’est NOTRE réaction à ce qu’elle a fait. Les autres ne sont pas là pour nous rendre heureux, ce n’est pas leur mission. Ils ne sont pas là pour nous servir, ni pour nous faire plaisir, ni pour nous écouter.

 Ceux qui nous entourent sont là pour nous rendre un peu plus CONSCIENTS.

Chaque personne est notre « professeur », chaque situation est une leçon. Une fois que nous aurons appris la leçon, elle ne se répétera plus.

 Tant qu’elle se répète, sous différentes formes et avec différentes personnes, c’est que nous n’avons pas encore appris ce que nous devions en tirer. Si nous quittons trop vite l’environnement qui nous irrite sans avoir appris la leçon, cela se reproduira dans le prochain emploi, la prochaine relation, parce que nous n’aurons pas identifié et apaisé cet aspect de notre personnalité qui a tant besoin d’amour.

 Choisissons nos batailles : ce n’est pas important de gagner tous les arguments, si cela nous fait perdre ceux qu’on aime. Il n’y a pas qu’une seule vérité, nous avons chacun notre vérité. Qui sommes-nous alors pour affirmer que notre vérité est meilleure que celle de l’autre ? Si la relation compte plus que de gagner l’argument, alors ne nourrissons pas notre orgueil d’une victoire qui nous annonce une prochaine défaite.

 Sans renoncer ou trahir nos valeurs, nous pouvons parfaitement avoir raison… et l’autre aussi, en même temps.

 Chaque conflit est toujours une opportunité extraordinaire de guérir une vieille blessure. Malgré la vraie difficulté que ce défi représente, cherchons plutôt ce que nous avons à apprendre de la situation; trouvons la blessure en nous qui s’exprime dans le conflit et apprenons regarder en face avec bienveillance cet aspect de nous, pour aider à l’apaiser ou le guérir.

 Ainsi, chaque situation conflictuelle devient une chance, et pas une embuche.

Philippe Barrau